Comment l’espace de travail crée le bien-être des salariés

20 avril 2017

Grâce à la révolution digitale, la mobilité est entrée dans nos mœurs. Notre rapport au temps et aux déplacements fait émerger une nouvelle organisation du travail : 44% des entreprises ont recours au télétravail, 30% expérimentent le nomadisme et 46% ont déjà adopté le flex office.

Véritable enjeu du management, l’espace de travail répond aux besoins de mobilité d’aujourd’hui et de demain. L’entreprise imagine de nouveaux scenarii pour devenir un lieu de liens et la dimension collective prend le pas sur la sphère individuelle. L’espace de travail est en pleine mutation et devient un outil de communication en tant que tel. Et pour cause ! Dans leur enquête, Mon Bureau de Demain, les étudiants de l’ESSEC mettent en exergue que « 36% reconnaissent l’espace de travail comme un critère d’influence sur le choix de leur futur employeur ».

L’entreprise s’applique alors à honorer la promesse de bien-être au travail qu’elle fait à ses collaborateurs. Depuis les années 1980, dans une logique de densification de l’espace et de communication entre les salariés, l’aménagement le plus plébiscité est l’open space. S’il reste la meilleure réponse aux contraintes économiques et spatiales de l’entreprise, ce concept d’aménagement s’adapte de plus en plus aux modes de travail des salariés : alternance de petits open space, bureaux cloisonnés, bureaux partagés, espaces de convivialité… S’il recherche un compromis acceptable, l’espace de travail se veut médiateur. Et la question de l’aménagement invite l’entreprise à devenir un lieu créateur de liens, de communautés et d’expériences.

La méthode d’aménagement design thinking en est un bon exemple. A la différence de la méthode classique qui tient compte individuellement des besoins des salariés et surtout de ceux de la hiérarchie, le design thinking transforme la conception des espaces de travail en une démarche collective.  Créer un espace de travail qui allie performance et cohésion des équipes revient avant tout à comprendre et mieux faire comprendre les besoins et les attentes de chacun.

Le design thinking est un concept qui s’inspire de la médiation. Centrée sur le dialogue, la médiation est bien plus qu’un mode amiable de résolution des conflits. C’est un véritable outil de gestion responsable des relations. Appliquée en entreprise, elle permet de réguler les relations entre les salariés dans le cadre notamment d’une transformation, à l’instar d’un nouvel aménagement d’espace.

Concevoir un espace de travail devient alors un moment de dialogue, un espace de réflexion dans lequel la créativité individuelle et l’intelligence collective s’expriment pour co-construire l’aménagement commun. Tout comme le médiateur, le space-planner considère à la fois les besoins individuels de chaque salarié, ceux du groupe de travail, mais également ceux de l’entreprise pour laquelle il dessine ce nouvel aménagement.

Par un jeu d’écoute et de reformulation, le space-planner agit en facilitateur. Il accompagne les salariés à co-construire leur vision commune de l’espace de travail. Grâce à cette posture, le space-planner est en mesure d’émettre des recommandations et rendre le projet plus solide.

Adopter le bon aménagement pour renouer avec l’espace de travail, offrir un cadre à même de favoriser l’innovation et la créativité est le leitmotiv des dirigeants. Mais les difficultés d’un aménagement relèvent davantage du mode de fonctionnement d’une organisation que de sa réalisation technique. Autant un espace de travail inadéquat rend les synergies entre les équipes difficiles, autant s’il est bien pensé, il devient une carte de visite. L’entreprise se veut humaine. Elle transforme ses espaces en outil générateur de bien-être. Aujourd’hui, l’architecte dessine un lieu symbole des valeurs de l’entreprise et qui répond aux besoins des salariés.

L’espace de travail est un nouveau lieu d’expression. Amazon l’a compris. Le leader mondial de l’e-commerce, dont les méthodes de management sont connues pour être anxiogènes, parie sur la nature avec son fameux Biodôme de Verre à Seattle, pour développer le bien-être de ses collaborateurs. En 2020, les salariés travailleront dans trois bulles de verre d’une vingtaine de mètres de hauteur, mêlant végétation et bureaux : 3 000 variétés de plantes, ruisseaux d’intérieur, ponts suspendus, puits de lumière naturelle, Dale Alberta, l’architecte principal du projet, a pensé à tout pour amener les salariés à « réfléchir de manière plus créative et susciter des idées qui n’auraient pu émerger dans des esprits coincés dans des bureaux ».

Avec l’esprit de la médiation, l’aménagement des espaces de travail se révèle en initiative qui facilite l’engagement des salariés et aide l’entreprise à entamer sa mutation vers un modèle organisationnel qui concilie productivité et bien-être.

 

Écrit par Nathalie Neyret

Cet article a été publié par Les Echos le 20 avril 2017


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